Dubaï, Lisbonne, Genève. Les destinations fiscalement attractives font rêver de plus en plus de Français. Zéro impôt sur le revenu, pas de droits de succession, une qualité de vie enviable.
Mais la France a pensé à tout. Avant de partir, elle présente l'addition.
C'est quoi l'exit tax ?
L'exit tax est un impôt sur les plus-values latentes, c'est-à-dire non encore réalisées, qui s'applique au moment où vous transférez votre domicile fiscal hors de France. Vous ne vendez rien. Vous ne touchez aucun argent. Mais la France calcule ce que valent vos titres et vous impose comme si vous les aviez vendus le jour de votre départ.
En 2026, les contribuables ayant été domiciliés fiscalement en France pendant au moins 6 ans sur les 10 dernières années avant le départ et détenant des titres d'une valeur supérieure à 800 000 € ou une participation directe ou indirecte de plus de 50 % dans une société sont concernés.
Qui est vraiment concerné ?
Pas tout le monde. Les principaux profils touchés sont les dirigeants et fondateurs d'entreprises avec des participations significatives, les investisseurs avec des portefeuilles de titres importants et les détenteurs de holdings patrimoniales.
Si vous êtes salarié avec une assurance-vie et quelques SCPI, vous ne serez pas concerné. En revanche si vous êtes chef d'entreprise avec des parts dans votre société, la question se pose sérieusement.
Combien ça coûte concrètement ?
Le taux applicable est de 31,4 % sur la plus-value latente. Sur un exemple concret, pour un entrepreneur avec une plus-value latente de 2,9 millions d'euros sur ses titres, l'impôt à payer s'élève à 910 000 €.
Ce n'est pas de l'argent que vous avez en poche. C'est de l'argent que la France vous réclame sur des gains que vous n'avez pas encore encaissés.
Le sursis de paiement : la soupape
Pour un départ vers l'Union européenne, l'EEE ou la Suisse, le sursis de paiement est automatique. Vous ne payez pas au moment du départ. L'impôt est suspendu jusqu'à la cession effective des titres ou votre retour en France.
Pour les destinations hors UE comme Dubaï ou les États-Unis, le sursis n'est pas automatique. Il faut en faire la demande avec constitution de garanties auprès de l'administration fiscale, au moins 90 jours avant le départ.
Ce que beaucoup oublient : une expatriation mal anticipée peut déclencher une imposition immédiate sur des plus-values qui n'ont pourtant pas encore été réalisées. Le délai de 90 jours est souvent sous-estimé.
Avant de faire vos valises
L'expatriation peut être une excellente décision patrimoniale. Mais elle se prépare, elle ne s'improvise pas. Les erreurs dans ce domaine coûtent cher, parfois très cher, et sont difficiles à corriger une fois le départ effectif.
Si vous envisagez de quitter la France et que vous avez un patrimoine financier ou une participation dans une société, prenez le temps d'analyser l'impact avant de décider. Nous vous répondons personnellement sous 24h.
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